Le 15 mai dernier, un nouvel épisode est venu raviver les tensions entre Stellantis et les autorités italiennes : 134 exemplaires de la Fiat Topolino ont été saisis par la douane au port de Livourne. Motif de cette saisie : ces micro-voitures électriques, bien qu’assemblées au Maroc, arboraient des autocollants représentant le drapeau italien. Une pratique jugée trompeuse par les autorités, en contradiction avec les règles strictes du "Made in Italy".

Une affaire de drapeau… et d'identité industrielle

En Italie, l’utilisation de symboles nationaux comme le drapeau tricolore est encadrée par une législation stricte : tout produit affichant une référence à l’Italie doit être entièrement fabriqué sur le sol national. En appliquant le drapeau italien sur des véhicules produits à l’usine Stellantis de Kénitra, au Maroc, le constructeur s’est donc retrouvé en infraction avec l’article 517 du code pénal italien, qui sanctionne les fausses indications d’origine.

Mais cette affaire dépasse le simple cadre juridique. Elle s’inscrit dans un climat de méfiance croissante entre Stellantis – issu de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler Automobiles – et le gouvernement italien, très attaché à la souveraineté industrielle du pays. La Topolino n’est d’ailleurs pas le seul cas à avoir soulevé des critiques : l’Alfa Romeo Milano avait dû changer de nom (devenue "Junior") après une polémique similaire, car produite… en Pologne.

Topolino : une voiture italienne au cœur... mais pas à l'usine

La Fiat Topolino est un modèle emblématique, remis au goût du jour par Stellantis pour répondre aux enjeux de mobilité urbaine électrique. Inspirée de la Citroën Ami, elle conserve un design distinctif entièrement développé par le Centro Stile Fiat à Turin.
Cependant, pour des raisons de coûts et d’optimisation industrielle, la production a été confiée à l’usine marocaine de Kénitra, comme d'autres micro-voitures du groupe.

Stellantis défend son positionnement

Face aux critiques, Stellantis a rejeté toute intention de tromperie, expliquant que la mention "Made in Morocco" figurait bien sur les véhicules. Selon le constructeur, les autocollants aux couleurs italiennes n’avaient qu’une valeur symbolique, visant à souligner l’héritage historique de la marque Fiat.
Malgré cette défense, Stellantis a annoncé qu’il se conformerait à la décision des autorités italiennes et procéderait au retrait des autocollants pour permettre la remise en circulation des véhicules saisis.

Une affaire révélatrice d’un débat plus large

Au-delà du cas Topolino, cette affaire met en lumière les tensions structurelles entre la stratégie industrielle globale de Stellantis et les attentes politiques locales. Si le groupe cherche à mutualiser ses ressources à l’échelle internationale, l’Italie reste très attachée à ses marques historiques, à leur production sur son sol, et à la défense de l’image du "Made in Italy".

En résumé

  • 134 Fiat Topolino saisies à Livourne pour usage abusif du drapeau italien.

  • Les véhicules sont fabriqués au Maroc, mais conçus en Italie.

  • Stellantis se défend, retire les autocollants, mais la polémique relance le débat sur la délocalisation.

  • Le gouvernement italien accentue la pression sur Stellantis pour préserver son industrie nationale.

Affaire à suivre : entre logique industrielle internationale et fierté nationale, le dossier Topolino illustre bien les dilemmes de l’industrie automobile en mutation.

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